L’équipe Concorde de l’AAMA.

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Au sein de notre association, une petite équipe très discrète, maintenait en état de fonctionnement le Concorde « Sierra Delta ».

Le résultat, remarquable, se voyait lorsque le nez de la bête reprennait vie et saluait le public présent.

 

 

 

L’équipe à qui on devait ce magnifique travail se composait de cinq membres de l’AAMA :

Philippe Gebarowski, Laurent Dupessey, Patrick Sevestre, Yves Bioret et était dirigée par Alexandra Jolivet.

Alexandra Jolivet qui anime cette équipe, lors de la nuit des musée 2013.

Alexandra Jolivet qui anime cette équipe, lors de la nuit des musée 2013.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle n’est pas novice en la matière. Férue d’aviation depuis son plus jeune âge, elle a été mécanicienne dans l’Aéronavale sur les cellules, les moteurs et les équipements puis a travaillé à Toulouse dans la sous-traitance pour Airbus. En 1999 elle entre à Air France et se retrouve ensuite affectée aux Concorde. C’est là que commence sa passion exclusive pour le « pointu » comme elle aime à le nommer.

Depuis avril 2014 elle est chez Awac Technics et travaille sur A380, autre genre de bête mais tout aussi passionnante.

Hélas, 2003 sonne l’arrêt de vol des Concorde. Il n’y en aura plus dans les hangars de Roissy.

Le 14 juin de la même année, lors du salon du Bourget, Air France remet au Musée de l’Air le « Sierra Delta », c’est le Concorde ayant le plus de records à son actif. Le Musée de l’Air tient à le conserver dans le meilleur état possible.

Et pourquoi ne pas mettre les systèmes en fonctionnement ?

Marc Picol (disparu en août 2013) des ateliers du Musée, demande à Alexandra de le seconder dans cette tâche. Déjà de 1994 à 1997, elle participa à la restauration du prototype. Elle accepte volontiers. C’est ainsi que dès août 2003 se déroule le premier fonctionnement du nez.

En 2006, elle se retrouve seule aux commandes et décide de monter une petite équipe pour l’aider.

L'équipe Concorde en 2012 au Carrefour de l'Air. De gauche à droite, Alexandra Jolivet, Laurent Dupessey, Patrick Sevestre et Philippe Gebarowski.

L’équipe Concorde en 2012 au Carrefour de l’Air.
De gauche à droite, Alexandra Jolivet, Laurent Dupessey, Patrick Sevestre et Philippe Gebarowski.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le premier à la rejoindre est Philippe Gebarowski, ingénieur chez Capgemini. Il explique ses motivations :

« J’ai découvert l’aviation vers 10 ans, à la fois par un baptême de l’air avec un collègue de mon père, et en même temps par le Concorde 001 qui commençait à voler (j’ai vu F-WTSS voler au Salon du Bourget 1971).  J’ai réalisé mon rêve de voler en Concorde en 2003 et si le corps est revenu au sol, l’esprit, lui, n’est jamais vraiment redescendu du FL600. Passionné d’aviation j’ai passé mon brevet planeur en 1986, mon brevet avion en 1989 et même le PL théorique au début des années 90 et totalise à ce jour un peu plus de 900 heures de vol et viens même d’entamer la formation IFR.

Donc fasciné depuis toujours par cet avion mythique, et très intéressé par la technique aéronautique, intégrer l’équipe a été une superbe occasion de découvrir les secrets du Bel Oiseau « côté entrailles », qui plus est avec des gens ayant participé à l’aventure Concorde. »

Puis c’est le tour du plus jeune de l’équipe Laurent Dupessey. Il nous donne ses raisons :

« Ingénieur en systèmes embarqués (logiciel et électronique) dans les domaines aérospatiaux et défense. Passionnée d’aviation depuis l’enfance, j’ai découvert le Concorde vers l’arrêt des vols en 2003 et je me passionne depuis au Concorde comme amateur averti. Mon savoir et mon expérience sont mis à contribution pour les problèmes pouvant survenir sur le Sierra Delta. »

En 2011, Patrick Sevestre arrive. Laissons-lui la parole :

« Je suis comme on dit, un pur produit Air France, de père en fils. Apprenti au Centre d’Instruction de Vilgénis (école de formation des mécaniciens AF) je suis sorti en tant que mécanicien avion.

De 65 à 68, j’ai été affecté à Orly à la division entretien des Caravelle, Bréguet Deux-ponts (et un peu de Constellation). De 73 à 76, j’étais détaché comme metteur au point avion auprès de la compagnie Lybian Arab Airlines à Benghazi. Puis j’ai été muté à CDG, département entretien B707/747/A300.
De 78 à 82 nouveau détachement à Dakar en tant que technicien d’escale où l’on « traitait » tous les types d’avions, du Concorde (ligne Rio) au DC3 ( armée sénégalaise) en passant par la Caravelle, A300, B727, B737 et B747.

De 83 à 87, changement de lieu, New York comme technicien d’escale qualifié. Puis de 87 à 91 chef de piste régional escale de Nairobi. Retour en France de 91 à 94 pour être adjoint responsable technique à l’escale de Marseille. De 94 à 99, chef de piste régional à l’escale de Pointe à Pitre.
Enfin de 99 à 2001, responsable technique à l’escale de Strasbourg. De 2001 à 2002 responsable département assistance technique aux compagnies étrangères à Roissy.
Pour terminer de 2003 à 2007 Maintenance Manager pour les escales réseaux Asie et Moyen-Orient.

Et enfin la retraite…..

Durant toutes ces années d’activités je n’ai jamais perdu le contact avec le Concorde, ayant participé à de nombreux vols présidentiels, tour du monde et lors du premier record autour du monde où j’étais pré positionné à l’escale de Guam. Mon dernier Concorde a été à Pointe à Pitre suite à un déroutement technique d’un vol charter.
C’est avec plaisir que j’ai rejoint le Sierra Delta au Musée de l’Air et l’équipe Concorde.
Je me suis aperçu que je n’avais pas oublié les systèmes et leur fonctionnement (j’ai sorti de la poussière ma documentation personnelle qui m’a remémorée de nombreux souvenirs).
J’ai mis mes compétences au service du Sierra Delta afin de remettre en service les commandes de vol (hydraulique et chaînes électriques), l’ INU, positionner les bucket du GTR 4 en reverse. Remise en pression du circuit hydraulique bleu (ce sont des termes techniques qui montrent le travail accompli).
Bref, je suis toujours volontaire pour faire admirer ce Concorde et faire fonctionner ses systèmes.
J’ai également suggéré le projet de réaliser le test embarqué des entrées d’air.
Mais il nous manque le support d’un généreux mécène pour prendre en compte les frais de transport de liquide hydraulique disponible aux Etats-Unis. »

Et enfin Yves Bioret en 2013. Il raconte comment :

« Je suis entré au CIV d’Air France en 1964 pour devenir mécanicien avion de 1967 à 1975 hangar et piste.

Par la suite de 1975 à 2008 je fus metteur au point avion, chef d’équipe puis cadre technique au sein de l’entretien en ligne. Qualifié sur 12 types d’avions dont le Concorde en 1990. Connaissant Patrick Sevestre depuis Vilgénis, ayant travaillé avec lui et sachant son implication dans l’entretien et la conservation du Sierra Delta, j’ai décidé de rejoindre l’équipe Concorde. »

A droite Yves Bioret, arrivé en 2013, avec Philippe Gebarowski et Patrick Sevestre, examinent un moteur.

A droite Yves Bioret, arrivé en 2013, avec Philippe Gebarowski et Patrick Sevestre, examinent un moteur.

 

Ils avaient réussi à maintenir, ou remettre, en état l’éclairage des feux, les commandes de vol, les centrale inertielles, la radio et le plus spectaculaire, le mouvement du nez.

Au fil du temps ils avaient récupéré quelques pièces qu’ils exposaient à côté du stand de notre association et se s’étaient même fait faire des blousons montrant leur préférence.

 

Un hublot de Concorde récupéré par l'équipe.

Un hublot de Concorde récupéré par l’équipe.

Une pièce de Concorde.

Une pièce de Concorde.

Le blouson de l'équipe Concorde qui montre avec humour ce qu'ils pensent du Concorde !

Le blouson de l’équipe Concorde qui montre avec humour ce qu’ils pensent du Concorde !

Quelques fois des personnalités ont le privilège de s’assoir dans les sièges des pilotes et d’écouter les explications fournies par Alexandra et ses amis.

Alexandra avec l'ancien ministre Jean-Claude Gayssot dans le cockpit du Sierra Delta.

Alexandra avec l’ancien ministre Jean-Claude Gayssot dans le cockpit du Sierra Delta.

Alexandra avec Jean-Claude Gayssot ministre des transport de 1997 à 2002 qui avait géré l'accident du Concorde en 2000.

Alexandra avec Jean-Claude Gayssot ministre des transport de 1997 à 2002 qui avait géré l’accident du Concorde en 2000.

C’était toujours avec une grande fierté que l’équipe branchait le groupe électrogène au Concorde et mettait en fonctionnement les systèmes. Quand tout était fin prêt, l’un d’eux, actionnait la manette et le nez s’abaissait comme un salut aux visiteurs venus l’admirer.

Le moment le plus marquant pour le public : le nez qui s'abaisse.

Le moment le plus marquant pour le public : le nez qui s’abaisse.

Les élevons gauches braqués vers le haut.

Les élevons gauches braqués vers le haut.

Un vérin qui actionne un élevon.

Un vérin qui actionne un élevon.

A l'arrière du Concorde Sierra Delta, le petit coin de repos de l'équipe.

A l’arrière du Concorde Sierra Delta, le petit coin de repos de l’équipe.

 

Cette belle aventure a pris fin en 2015. Le Musée de l’Air a décidé, pour ne plus prendre le risque d’endommager le Sierra-Delta et le prototype 001 juste à côté, d’arrêter cette expérience unique, et ce malgré le professionnalisme de l’équipe.

Nous le regrettons mais la sécurité n’a pas de prix, surtout pour cet avion qui appartient au patrimoine national.

Vous pouvez voir le résultat de ce travail en vidéo sur le site du Musée de l’Air en cliquant ICI.

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