Musée Régional de l’Air d’Angers-Marcé

Aviation en Anjou

Gasnier III Le Gasnier III

L’aviation en Anjou   : René Gasnier : Le pionnier

René Gasnier nait à Quimperlé, dans le Finistère, en 1874. Pionnier, il le devient d’abord avec l’automobile naissante. Puis, il se consacre aux ballons sphériques.  Si bien que dès 1905, il a déjà accompli de nombreux voyages aériens. En 1907, il remporte la première course de ballons Paris-Bordeaux. Gasnier parvient à vaincre la Manche, toujours en montgolfière, dans le sens Angleterre-France.

En 1908, dans les prairies de Chalonnes sur Loire, il débute ses  expériences. Mais à la suite d’un capotage, son premier appareil est presque entièrement détruit. Le René Gasnier n° II sort et, René Gasnier remplace le volant qui commande le tangage par des « ciseaux », contemporains du manche à balai inventé par R.Esnault-Pelterie. Se préoccupant de l’utilisation de l’aviation à des fins militaires, il s’envole au coeur des Landes, près de Pau, pour instruite les premiers aviateurs des armées. Hélas, la maladie qui le ronge met un point final à ses vols. Mais Gasnier ne s’avoue pas vaincu : pour développer la propagande liée à l’aviation, il décide d’organiser en 1910 la première course d’aéroplanes, de ville à ville, d’Angers à Saumur. Puis, il a l’idée d’organiser en 1912, le 1er Grand Prix de l’Aéroclub de France, aussi appelé Circuit d’Anjou, une course triangulaire sur le parcours Angers-Cholet-Saumur qu’il faut parcourir le plus grand nombre de fois. Elle est remporté par Roland Garros sur monoplan Blériot qui parcourt les 154 kilomètres du circuit (7 fois) en 19 heures.

Il décède en 1913 et repose depuis 1955 dans une chapelle, érigée par son frère,  dédiée à Notre Dame de Lorette, patronne des aviateurs, sur le bord sud de la route de la corniche angevine, entre Chalonnes sur Loire et Rochefort sur Loire. Elle est située en face de la stèle qui commémore son premier vol en 1908.

L'entrée du muséeLe Musée Régional de l’Air

En 1981, pour préserver le patrimoine aéronautique de l’aviation légère et du vol à voile en Anjou, un groupe d’amis se mobilise pour sauver des « machines volantes ». De très belles pièces sont restaurées, comme les planeurs français Nord 1 300 et Fauvel AV-36 et assurent ainsi la reconnaissance des autorités aéronautiques françaises (Direction Générale de l’Aviation Civile). En 1982, le Groupement de Préservation du Patrimoine Aéronautique (GPPA), dispose d’un premier local de faible surface sur l’ancien aérodrome d’Angers-Avrillé.

En mai 1984, le GPPA organise le premier rassemblement de planeurs anciens à Angers, qui sera un franc succès.

Fin 1988, le hall d’exposition principal de 1 100 m², financé par la Ville d’Angers, est inauguré à Avrillé. Devant l’accroissement des restaurations et des collections, la municipalité angevine devra, un an plus tard, offrir un hall complémentaire de 400 m². Au fil des ans, une collection de plus de 150 machines a été constituée, dont une vingtaine sont en état de voler, et une dizaine en cours de restauration. Le musée se veut aussi être le témoin de l’histoire des Hommes, des techniques, des machines et de leur environnement. Aussi, dans le domaine de l’aviation légère et du vol à voile, les chercheurs, historiens, étudiants… ont à leur disposition l’une des plus riches documentations d’Europe, composée de près de 100 000 clichés, négatifs et plaques de verre en cours d’archivage.

vue générale 1Ce patrimoine est mis en valeur dans les nouveaux locaux du Musée Régional de l’Air, situés à l’aéroport d’Angers-Marcé, et inaugurés le 3 septembre 2000. Depuis cette date, le nouveau Musée Régional de l’Air s’est employé, grâce à son équipe de professionnels et de bénévoles, à promouvoir l’histoire de l’aviation en Anjou. (3 500 m² de surface avec 40 avions et planeurs historiques, une dizaine de moteurs, des ateliers de restauration, de la documentation, etc…)

La collection abrite aussi une série de moteurs des années 1910 au réacteur de Caravelle, et un très important fonds de pièces détachées aéronautiques, pour la restauration des avions. Un avion « Broussard » des années 1950 est accessible aux visiteurs qui pourront s’initier au pilotage. Cet avion est utilisé dans le programme pédagogique du Musée Régional de l’Air, qui accueille de nombreux groupes scolaires et des centres de loisirs, tout au long de l’année.

Le Musée Régional de l’Air travaille depuis 2005 à la préservation et la conservation des archives aéronautiques en France, en collaboration avec la Commission patriomoine de l’Aéroclub de France. Ces démarches ont abouti à la signature d’une convention portant sur la préservation du patrimoine aéronautique français avec le Ministère de la Culture le 5 mai 2010 et à la publication d’un manuel d’organisation du patrimoine.

Gerin VarivolGérin Varivol : Dès les débuts de l’aviation, les constructeurs ont tenté de concilier des contraintes antagonistes : obtenir une vitesse de croisière élevée et une vitesse et une vitesse d’atterrissage la plus faible possible.

Parmi les divers chercheurs qui ont tenté de résoudre ce problème, Jacques Gérin, ingénieur à la Compagnie Française d’Aviation préconisa l’aile à envergure et surface variable. Grande ouverte, cette aile donnait une portance suffisante pour décoller et atterrir lentement ; les premiers travaux de ce chercheur ont conduit à un biplan qui donna des résultats intéressants en soufflerie, avant d’être détruit accidentellement en 1936, lors des essais en vol. Le nouveau prototype connut une gestation mouvementée, puisque la construction fut lancée durant les premières années de guerre, en zone libre, dans les ateliers Bréguet, pour que l’avion soit finalement détruit en partie à la Libération ! Toutefois, il fut essayé, avec succès, en 1946 à la soufflerie de Chalais-Meudon. On estimait alors que la vitesse de l’avion pourrait atteindre 455 km/h à 2000 mètres d’altitude… et grâce au dispositif d’aile à surface variable, l’atterrissage s’effectuerait à 92 km/h ! L’avion était alors équipé d’un moteur Renault 6Q03 poussé à 275 CV. Il semble que l’avion n’ait jamais volé et il ne fut pas immatriculé.

Enfin, après avoir connu divers lieux d’abri plus ou moins adaptés, le dernier Varivol fut découvert dans une grange, où l’avion reposait à l’abri des regards depuis… 50 ans !

Piper l-4Le Piper L.4 H présenté ici fut abandonné sur l’aérodrome d’Angers-Avrillé en août 1944, après avoir participé au Débarquement, puis à la libération de la ville. Il porte autour des ailes et sur les flancs les cinq bandes noires et blanches de l’opération « Overlord », autrement dit le Débarquement ; elles permettaient aux avions alliés de se reconnaître mutuellement durant les combats. La croix de Lorraine – qui est aussi la croix d’Anjou – ainsi que la carte de France, signifiaient que l’équipage de l’avion était constitué de français libres ayant rejoint le général de Gaulle après l’appel du 18 juin 1940 et que ces avions soutenaient la progression des colonnes de chars de la Division Leclerc.

 

 

Weilhe n° 3Le planeur Weihe présenté ici a été fabriqué en Allemagne et, de ce fait, il s’agit du dernier exemplaire original en état de vol en France. En 1945, le pionnier et champion de vol à voile français Eric Nessler boucla un triangle Beynes – Orléans – Beynes, soit 204 km : un record ! Cet appareil vola aussi de 1960 à 72 sur le terrain d’Angers – Avrillé, puis fut légué au Musée National de l’Air du Bourget en 1976. Finalement, sa restauration fut confiée à notre équipe et le planeur revint voler en Anjou. Depuis, le Weihe du Musée Régional de l’Air est devenu la première machine volante classée Monument Historique volant et, il fut exposé sur les Champs – Elysées à Paris, à l’occasion du centenaire de l’Aéro-Club de France en 1998.

 

 

Minimoa Minimoa n° 2 : Le Musée Régionl  d’Angers  vient d’accueillir le dernier exemplaire connu, qui sera restauré. Il symbolise le vol à voile allemand des années trente. Il a été, avec beaucoup d’autres, l’artisan d’une aventure technique et humaine qui vit les pilotes de planeurs quitter le vol à voile dynamique pour aller explorer les ascendances thermiques, les cumulonimbus d’orage et l’onde encore si mystérieuse. Il consacre enfin une mutation profonde du vol à voile qui dépassait sa phase scientifique et expérimentale pour en aborder une autre purement sportive.

http://www.musee-aviation-angers.fr/

Roger Robert (AAMA-FRENCH WING)

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