Témoignages de bénévoles

 

Dominique Lintanf à l’assemblée générale 2015

Dominique Lintanf

Ce matin-là, je suis entré pour la première fois au Musée de l’Air à 10h30 avec ma femme.

Découverte de la Grande Galerie, formidable sentiment de faire un voyage dans le temps et l’espace. Toutes ces caisses à savon sur lesquelles les pionniers firent des exploits insensés.

Changement total de sensation deux heures plus tard en pénétrant dans le hall de l’Espace, il y avait là, à cette époque, Apollo XIII, la vraie capsule de l’aventure spatiale  américaine. Le film n’avait pas encore provoqué son retour aux U.S.A. Toucher de ses mains cet objet cuit et recuit, en pensant aux trois astronautes qui étaient à l’intérieur, grande émotion.

 

La visite continua par la découverte du train d’atterrissage de l’Oiseau Blanc largué lors de son décollage funeste pour l’Atlantique Nord.

Le hall des Hélicos (ou plutôt des Voilures Tournantes) précédait le hall de la Cocarde. Là je retrouvais la plupart des aéronefs que j’avais vu voler lors du salon du Bourget quand j’avais de 10 à 15 ans. Evidemment Tanguy, Laverdure et Buck Danny apparaissent en filigrane (depuis d’ailleurs, cette salle comporte la réplique d’une chambre d’ado fan de cette époque, attendrissante reconstitution des sentiments qui animaient les gosses de ma génération).

Pour la Deuxième Guerre Mondiale je ne ferai pas une visite guidée, car tous connaissent les lieux et ont lu « Le grand cirque » qui pour certains a créé de vraies vocations professionnelles.

Une seule déception cependant, pas de Concorde à l’horizon…

C’était l’époque où l’on préparait un cocon afin de protéger le proto des intempéries.

Nous sortîmes donc ma femme et moi, il était 16h !

Et nous n’avions pas déjeuné.

Sur le retour vers Paname, un kebab fit l’affaire aux alentours de la basilique Saint-Denis.

Suite à ma lettre que j’envoyais au général Siffre, alors directeur du Musée, dans laquelle je disais mon enthousiasme et ma déception de l’absence du supersonique, je reçus une réponse de deux pages d’une grande gentillesse, bourrée de détails et répondant parfaitement à toutes mes interrogations, une missive de gentilhomme ayant la plus grande attention envers ses visiteurs.

Il m’encourageait à rejoindre les troupes des volontaires de l’AMAA. Ce que je fis avec enthousiasme.

Je ne compte plus les années, c’est mauvais pour le moral.

Mais ce temps passé m’a permis de rencontrer de vrais témoins des grandes périodes de l’histoire, le colonel Lombaert (abattu à Arnhem par la Flak), André Turcat (modeste ne voulant jamais signer seul un livre concernant le Concorde), de La Poype (un aristocrate chez les Rouges et inventeur du berlingot Dop, de la Méhari Citroën et du Marineland d’Antibes) et Jacques Noetinger (ami et voisin de table aux Vieilles Tiges)….

Bref un gotha de l’air auquel je rends avec mes collègues bénévoles un devoir de mémoire, en transmettant leur souvenir et expérience.

Voilà pourquoi je suis devenu « gilet rouge ».

 

 

Charles Vignalou lors du salon du Bourget 2015

Charles Vignalou lors du salon du Bourget 2015

Charles Vignalou

Si je suis bénévole à l’AAMA, ce n’est, bien sûr, pas un hasard.

Je suis passionné d’aviation depuis l’âge de 10 ans, j’en ai maintenant 49. J’ai dévoré de nombreux livres, de nombreuses revues. J’ai aussi assisté à des meetings, des salons aéronautiques. Bref, je ne déroge pas à l’histoire de nombre d’entre nous.

Je suis membre depuis peu de temps (2012) comparé à d’autres adhérents. J’ai d’abord suivi les nouvelles de l’association par newsletter et Pégase interposés.

Un jour, j’ai décidé de venir apporter mon aide pour tenir le stand lors du Carrefour de l’Air. Et voici pourquoi je suis revenu aider lors des Aéropuces, du salon du Bourget, des Journées du Patrimoine, de déménagement de cave…

J’ai trouvé un groupe de passionnés, chaleureux, qui vous réservent un très bon accueil. J’étais immédiatement à l’aise. On échange entre passionnés d’horizons très divers, on parle d’aviation mais pas seulement. L’air y est léger. On vient selon ses disponibilités, quelque soient les manifestations auxquelles on participe. On est toujours le bienvenu alors pourquoi ne pas revenir ? D’autant plus que l’AAMA a toujours besoin de volontaires. Le principal, c’est qu’on se sent libre tout en venant souvent aider les autres.

 

Quand je disposerai de davantage de disponibilités, j’aimerais devenir guide. La consécration pour un passionné, que d’échanger autour de sa passion.

Ensuite, on apprend à connaître le personnel du Musée de l’Air, les lieux et l’on se surprend à s’y sentir chez soi. On apprend les évolutions du Musée, les contraintes, les freins à son développement.

Je garde, en particulier, un très bon souvenir du salon du Bourget 2015. J’étais près du Concorde pour accueillir les visiteurs et organiser le flux. Lors d’une journée réservée aux professionnels, un groupe de trois personnes se présente. Il s’agit de Russes (deux hommes, une femme). Celui qui apparaît être le meneur discute avec moi au sujet du Concorde et du Tupolev 144. On parle anglais bien sûr, et l’on reste trente minutes à parler de ces deux avions, puis des musées russes et du Musée de l’Air.

Au bout de ces trente minutes, le plus âgé avec qui je discutais, me tend une carte et me dit « Quand tu viens à Moscou, tu appelles ce numéro (un portable) ». Je venais de parler avec Alexander Korneev le directeur du Moscow Air Show.

C’est aussi cela d’être bénévole, des rencontres et des échanges, de bons moments de partage.

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